Comment apprendre à nos enfants à gérer leurs émotions face aux situations difficiles de leur quotidien ? – Les idées clés du Sommet de la Parentalité

fleur avec pétales

Cécile Neuville, psychologue, et Anelor Dabo, coach certifiée, expliquent comment l’éducation positive est un outil pour apprendre aux parents à … apprendre à leurs enfants à devenir autonome dans la gestion de leurs émotions. Ci-après, je vous délivre les idées clés de leur interview tirée du Sommet de la Parentalité 2017.

  • Qu’est-ce que l’éducation positive ?

L’éducation positive se nourrit des recherches scientifiques sur l’analyse du fonctionnement du cerveau d’un enfant et cherche à appliquer ces connaissances scientifiques au quotidien, pour que cela devienne une façon de vivre. Elle conduit les parents à orienter leur attention sur leur enfant : c’est le « focus positif » sur ce que son enfant aime, ce qui le motive, ce qu’il sait faire, ce qu’il est capable de faire, ce dans quoi il s’investit naturellement et spontanément, son potentiel, et ses talents naturels. Elle prône une approche éducative plus stimulante que sanctionnante et incite ainsi le parent à sortir des punitions et de la succession d’ordres du matin au soir.

C’est aussi redonner le pouvoir à son enfant de s’auto-gérer, notamment en ce qui concerne ses émotions, et de le responsabiliser sur ses choix et ses comportements.

  • La règle d’or pour pouvoir incarner l’éducation positive

L’éducation positive ne peut fonctionner que si les parents incarnent ce qu’ils invitent l’enfant à faire et ce qu’ils ont envie que leur enfant devienne. Les enfants dans leur construction partent d’une modélisation – ils se réfèrent à leurs « éducateurs » (parents, grands-parents, amis de la famille, …). Les parents sont donc encouragés à avoir une prise de conscience sur le modèle qu’il propose à leur enfant, la posture qu’ils adoptent, et l’image qui se dégage d’eux.

Pour mettre en pratique l’éducation positive, il est essentiel de se défaire du regard des autres afin de ne pas adopter des postures en public pour « faire bien » et qu’on ne souhaiterait pas tenir dans la sphère privée.

  • Qu’est-ce que « l’éponge émotionnelle » et pourquoi on doit y faire attention ?

Les enfants sont des « éponges émotionnelles » : l’enfant va capter l’émotion que son parent va ressentir. Il est par exemple intéressant d’observer comment on s’est senti en rentrant dans une pièce, et comment son enfant a réagi à ce moment-là. L’enfant ne doit pas pour autant faire sienne l’émotion du parent. Il est important de lui apprendre l’empathie, c’est à dire à mettre de la distance par rapport à une émotion que le parent ressent.

  • Comment aider mon enfant grâce aux « 7 pétales de l’Intelligence émotionnelle » ?

L’éducation à l’intelligence émotionnelle est à la base de l’éducation positive. Pour un enfant, une émotion est un tsunami. Il va être dépassé par son émotion, et c’est cela qui va créer la crise, car il n’arrive pas à gérer son émotion ni à la maîtriser / la dépasser. Nos deux expertes ont développé la fleur de l’Intelligence émotionnelle pour guider les parents dans leur pratique de l’éducation positive, une fleur à sept pétales :

  1. La conscience de soi : c’est-à-dire aider l’enfant à identifier ce qu’il peut ressentir, ce qu’il aime, à s’identifier par rapport aux autres. Des jeux à table peuvent être facilement réalisés en famille pour aider à prendre conscience des différences des uns et des autres (ex : chacun dit sa couleur préférée).  Le parent va ensuite veiller à prendre en compte les goûts et différences de son enfant, par exemple en lui disant « je veillerai à faire régulièrement les plats que tu aimes ».
  2. L’estime de soi : C’est l’amour de soi-même, la rencontre avec le soi. Cela veut dire apprendre à son enfant à s’aimer par la valorisation de ce qu’il fait bien.
    • Point de vigilance : ne pas s’extasier non plus de trop au risque de développer chez l’enfant un besoin de perfection et d’exigence envers lui-même qu’il aura toujours du mal à satisfaire. Cela pourrait alors générer un manque de confiance en lui par la suite du fait qu’il n’arrive plus à recevoir autant qu’il a reçu dans ces moments excessifs. Aussi, l’enfant va chercher à reproduire le schéma pour faire plaisir à ses parents ou aux proches alors qu’il doit chercher à se faire plaisir à lui-même. L’important c’est que lui se sente bien.
    • Astuce pour les parents : aider son enfant à se connecter à son ressenti et à ses émotions en lui posant des questions (ex : « est-ce que tu as aimé ressentir cela? ») ou en posant un jugement sur l’action de l’enfant et son ressenti (ex : « Je suis content(e) de te sentir content de toi). Cela lui apprendra à avoir un regard sur lui-même peu importe ce que les autres pensent. A l’inverse, ne pas poser de jugement sur le résultat obtenu (c’est mal / c’est bien) dans l’objectif d’enlever la pression de tout devoir réussir pour les autres. Par exemple, devant un relevé de notes : « Qu’est-ce que tu penses de tes notes ? est-ce qu’il y a des notes dont tu es content ? pas content ? ». L’objectif recherché est que l’enfant cherche à réussir pour lui, qu’il s’aime avec ses choix et ses décisions.
  3. L’expression de qui il est. Oser être ce qu’il est.
  4. La gestion de soi / la responsabilisation : ce qui veut dire concrètement accompagner l’enfant à prendre des décisions dans son quotidien sans avoir l’aval de quelqu’un, lui laisser faire ses choix ( ex: le laisser choisir les vêtements qu’il veut porter) et le questionner ensuite sur son ressenti dans la journée. Le parent peut par exemple proposer à l’enfant à deux options sur lesquelles il est d’accord, mais c’est l’enfant qui choisit l’option qu’il préfère.
  5. La motivation : la motivation est une source d’énergie pour amener l’enfant à une action, à un objectif. L’enfant n’a pas la compréhension des règles que l’adulte pose. En focalisant une demande sur la motivation, le parent aura plus d’impact. Par exemple, comment motiver un enfant à se coucher tôt ? En lui donnant envie d’être à demain matin (ex : j’ai hâte de dormir pour pouvoir voir mes rêves, demain on se raconte nos rêves).
  6. L’Empathie : l’idée est d’aider l’enfant à considérer les émotions des gens qui les entourent, à leur faire prendre conscience qu’il y a un univers autour d’eux. En leur posant des questions, on les amène à réfléchir au contexte de la situation. Par exemple : « que se passe-t-il en toi quand tu fais telle action ? », « Qu’est-ce que tu penses que les autres ont ressenti quand tu as réagi de telle façon ? », « A ton avis, qu’est-ce que j’ai ressenti quand tu fais ci-ça ? ». Débriefer à froid, peu de temps après la scène vécue, peut être utile pour revenir sur des situations qui se sont mal passées et aussi des situations qui se sont bien passées.  Au départ, les enfants ne connaissent pas le vocabulaire pour répondre à ce type de questions, le parent pourra les aider à formuler les réponses. Ces échanges peuvent donner envie à l’enfant de créer des émotions positives chez l’autre.
  7. Le lien avec les autres : c’est apprendre à l’enfant à interagir avec les autres de façon efficace, c’est à dire de façon à ce que tout le monde soit bien. L’enfant dans son environnement social est en capacité d’influencer les autres, de faire preuve de leadership, d’amener les autres dans une énergie.

En conclusion, la clé de l’éducation positive pour les parents est d’en avoir envie, de trouver des motivations et un sens à mettre en pratique ces principes. Il est essentiel dans cette démarche de ne jamais mettre en jeu l’amour et de rassurer l’enfant sur l’amour de ses parents (« Je t’aime quoiqu’il arrive »; « Je t’aime mais là ce n’est pas possible, nous devons trouver une autre solution. » ). Si l’enfant est sécurisé au niveau amour, tout devient possible. Enfin, la famille est une équipe, qui partage un objectif commun : le bonheur et l’amour collectif et chaque membre de la famille contribue à atteindre cet objectif.

Que pensez-vous de ces sept pétales de l’Intelligence Emotionnelle ? Dîtes-le moi en commentaires 🙂

A bientôt pour de nouvelles idées clés tirées des interviews d’experts du Sommet de la Parentalité.

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