Quel comportement adopter pour mieux communiquer avec mon enfant ? – Sommet de la parentalité

Le cheval et son poulain

Aujourd’hui, je vous livre les idées clés de l’interview de Luc-Marie Elissalde réalisée dans le cadre du Sommet de la parentalité. Luc-Marie est spécialiste des postures comportementales et de la gestion des émotions et base son travail sur l’éthologie, l’étude du comportement animal. Il travaille ainsi avec les chevaux pour accompagner l’humain dans la prise de conscience et la meilleure gestion de ses comportements et de ses émotions. Il nous parle de l’importance de prendre conscience de nos postures comportementales et, le cas échéant, les modifier pour améliorer la communication avec son enfant.

  • En quoi nos postures comportementales peuvent modifier notre communication avec nos enfants ?

Une fois observées les postures comportementales qu’on adopte, les émotions qui y sont associées et ce qu’elles génèrent en termes d’émotions et de réactions chez l’autre, on peut les travailler et les faire évoluer pour instaurer une meilleure relation à l’autre.

Avec son enfant, le parent est dans un réflexe spontané de domination du simple fait de le dominer physiquement. Si on se met physiquement à son niveau pour lui parler, on instaure une relation d’égal à égal. En équilibrant le niveau de la posture physique, on va équilibrer le niveau émotionnel, et ainsi s’installe une relation équilibrée et saine. Cela va impacter notre communication à notre enfant.

Si on s’intéresse aux scientifiques qui étudient le monde animal, ces derniers se synchronisent physiquement avec l’animal étudié. Un scientifique va prendre par mimétisme la même position que l’animal afin qu’il y ait un échange d’équivalence, une correspondance dans la synchronicité. L’animal devient alors force de proposition, et devient l’enseignant. Entre l’adulte et l’enfant, c’est la même chose : l’adulte n’est plus uniquement l’enseignant, il peut aussi être l’apprenant dans cette relation. Une co-construction s’installe alors entre l’adulte et l’enfant, l’adulte se laissant porter par la créativité de l’enfant. En cherchant la synchronicité avec son enfant, on améliore la communication avec lui.

A noter, que dans cet échange inversé enseignant-enseigné, le parent reste le parent.

  • Les 4 phases clés du procédé.
  1. Phase d’observation active : j’observe mon comportement et j’observe l’autre : je m’amuse ensuite à faire varier mon comportement pour voir ce que cela induit dans ma relation à l’autre, comment les choses se répercutent sur l’autre et dans la situation vécue. Je prends du recul sur ce que je ressens et ce que je constate. Certains conditionnements pourront alors être observés :
    • à tel endroit, je ressens telle émotion (ex : dans la cuisine, je ressens systématiquement de la tension). On peut s’interroger sur l’existence d’un lieu où le conflit s’installe et sur les positions stratégiques qui y sont tenues par les personnes.
    • Je peux alors changer le décor ou l’aménagement du lieu pour observer si les conditionnements de comportements et d’émotions varient. Cela permet de s’observer et d’identifier ce sur quoi on va pouvoir agir.
    • Conseil : cet exercice d’observation active est à faire sur 7 jours pour identifier les conditionnements de posture.
  2. Phase d’application de petits changements : dans cette phase, il s’agit de jouer le changement, sur des petites variations, des petits mouvements. Ex : les places à table ancrent les liens de subordination et d’autorité. L’objectif est de s’observer, se tester, et prendre conscience du corps et des possibilités d’actions qu’on peut avoir sur notre corps pour améliorer la communication avec l’autre.  on peut amener des propositions par l’intermédiaire du corps. On peut agir sur la posture/ le comportement physique pour influencer le comportement mental. Par exemple, on pourra remarquer que le fait de changer un petit enfant de pièce, de contexte, là où le conflit a été généré, le conflit s’apaise.
  3. Mise en pratique // Phase Adaptation et Synchronicité : aller chercher la synchronicité par la posture. On va voir ce qui fonctionne le mieux.
  4. Phase de co-construction de la relation : lorsque les corps se comprennent, le mental se comprend. qd tu es ds l’équivalence, l’enfant va venir chercher le contact physique.
  • Règle d’or à respecter pour que cela fonctionne avec son enfant

Il est essentiel d’être dans la même énergie que l’enfant sinon l’enfant sera dans le rejet du contact physique. Quand un enfant est en crise, l’enfant se calme lorsque l’adulte est à ses côtés, en lui apportant de la sérénité par la communication non-verbale.

Le point de vigilance à avoir est de ne pas être en réaction à ce qui est proposé. Aussi, attention à la recherche de synchronicité dans un objectif de manipulation. Cela ne fonctionnera pas.

L’adulte va donner l’impulsion de cette synchronicité de posture, dans la souplesse et la délicatesse. La créativité et l’ouverture se mettront alors en place. Si l’adulte applique l’autorité, il faudra du temps pour dénouer cet acte autoritaire.

Conclusion : l’enjeu pour le parent est de prendre conscience de ses comportements, les faire varier dans le partage avec l’enfant pour amener la créativité commune et la co-création d’expériences nouvelles, ludiques et partagées pour l’enfant et la famille.

A bientôt pour la suite des idées clés des interviews d’experts du Sommet de la parentalité.

Laisser un commentaire